Nidification 2026 de la Grande Oie des neiges

Après plusieurs années marquées par un déclin important de la population de la Grande Oie des neiges, les plus récentes données publiées par apportent enfin une note encourageante.

Dans ce blogue, nous vous proposons un portrait complet de la situation actuelle de la Grande Oie des neiges en nous appuyant sur trois documents de référence :

  • le rapport de nidification 2026;
  • le rapport Estimation de la population printanière de la Grande Oie des neiges dans le sud du Québec en 2026;
  • les nouvelles mesures spéciales printanières visant les populations surabondantes d’Oies des neiges au Québec.

La bonne nouvelle ne signifie donc pas que la population est complètement rétablie, mais elle laisse entrevoir une saison automnale 2026 beaucoup plus encourageante que les deux dernières. Comme toujours, les conditions météorologiques, le succès de reproduction, les récoltes agricoles et le déroulement de la migration demeureront des facteurs déterminants.

Nidification 2026 de la Grande Oie des neiges

Ce que révèle le rapport de nidification 2026 de la Grande Oie des neiges d’Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) et de l’Université Laval. Les premières données préliminaires sont très encourageantes pour les chasseurs de sauvagine de l’Est du Canada.

Chaque année, le succès de la nidification de la Grande Oie des neiges (Anser caerulescens atlanticus) dans l’Arctique canadien donne le ton de la saison de chasse à venir. Le Rapport de synthèse écologique de Juin et juillet 2026, publié conjointement par le Service canadien de la faune (Environnement et Changement climatique Canada — ECCC) et le Centre d’études nordiques de l’Université Laval, à partir des données recueillies à la station de recherche de l’île Bylot, au Nunavut, dresse un portrait très encourageant pour la population de Grande Oie des neiges.

Voici ce qu’il faut retenir, directement tiré des données de terrain.

Un printemps tardif, mais une saison finalement très productive

Selon le rapport, l’arrivée massive des reproducteurs sur l’île s’est faite dans la première semaine de juin. Un couvert de neige encore présent à plus de 65 % au 5 juin a toutefois retardé le début de la ponte, qui n’a débuté que vers le 12 juin 2026. Malgré ce départ tardif, le pic des éclosions s’est produit de façon remarquablement synchronisée entre le 6 et le 11 juillet 2026. Un synchronisme qui a permis aux oisons de profiter au maximum de la pousse printanière des graminées et des carex, essentielle à leur croissance rapide.

Résultat : le taux de succès de nidification global atteint 74 % cette année. Bien au-dessus de la moyenne historique de la colonie, établie à 62 % sur 30 ans.

Les chiffres de la colonie de la vallée Qarlikturvik

Le rapport documente une forte densité de nids au cœur de la colonie principale de la vallée Qarlikturvik. Un facteur qui agit comme mécanisme de défense collective contre les prédateurs.

Indicateur écologiqueValeur 2026Moyenne historique (30 ans)
Densité des nids510 nids / km²385 nids / km²
Taille moyenne de la ponte3,8 œufs / nid3,7 œufs / nid
Taux de succès des nids74 %62 %
Pression de prédation (renards)Modérée à faibleVariable
Abondance de lemmingsForte (pic de cycle)Cyclique

Source : Rapport de synthèse écologique 2026, ECCC / Centre d’études nordiques, Université Laval. Nidification 2026 de la Grande Oie des neiges

Le facteur déterminant : le pic du cycle des lemmings

L’explication centrale de cette excellente saison, selon les chercheurs, tient à l’abondance marquée des lemmings bruns et variables en 2026. Ce pic du cycle des petits rongeurs a significativement détourné l’effort de chasse des renards arctiques (Vulpes lagopus). La principale cause d’échec de nidification chez la Grande Oie des neiges est loin des couvées d’oies. Moins de renards concentrés sur les nids, plus d’oisons qui survivent. C’est ce lien proie-prédateur qui explique en grande partie le taux de succès observé cette année.

Ce que confirme le suivi télémétrique

Les équipes de recherche de l’Université Laval ont complété le téléchargement des données des 50 colliers émetteurs GPS déployés au printemps. Les profils d’accélérométrie confirment que les femelles ont maintenu une assiduité au nid supérieure à 96 % du temps, limitant du même coup les occasions de pillage des nids par le Goéland bourgmestre et le Labbe à longue queue.

Et pour la suite ?

Il est important de rappeler que la météo, les conditions de migration et la disponibilité de la nourriture demeureront des facteurs déterminants. Le rapport précise que les opérations de baguag, prévues pour le mois d’août, permettront de quantifier précisément le ratio oisons/adultes. Ainsi confirmer les prévisions entourant cette cohorte 2026, déjà qualifiée d’excellente par les chercheurs sur le terrain.

Estimation de la population printanière de la Grande Oie des neiges dans le sud du Québec en 2026

Les résultats préliminaires de l’inventaire printanier 2026 de la population de la Grande Oie des neiges comparativement à 2025.

Josée Lefebvre
Service canadien de la faune – région du Québec

Depuis 1965, le Service canadien de la faune effectue un inventaire aérien photographique de la population de la Grande Oie des neiges lors de sa halte migratoire printanière dans le sud du Québec (incluant l’est de l’Ontario et le nord du Nouveau-Brunswick). Les conditions optimales pour effectuer l’inventaire sont une journée chaude et ensoleillée avec une période sans précipitation dans les jours précédents puisqu’alors les oiseaux quittent les plans d’eau pour s’alimenter tôt le matin et y reviennent pour se reposer en mi-journée.

En 2026, nous avons pu effectuer l’inventaire le 28 avril. Quatre avions ont été utilisés sur un large territoire couvrant le lac Champlain au sud, le lac Saint-Jean au nord, et de la pointe est de l’Ontario à l’ouest jusqu’à la rivière Matapédia à l’est.

Amélioration de la population de la Grande Oie des neiges

En l’année 2026, le résultat préliminaire de l’estimation de la population de la Grande Oie des neiges est de 515 000 oies ± 29 600 (IC à 95 %; Figure 1 et Tableau 1). L’estimation de cette année est environ 20 % supérieure à celle de 2025 (428 000 ± 13 000).

Selon nos inventaires de familles à l’automne, le pourcentage de 20 % de jeunes pour 2025 est légèrement inférieur ou égal à la moyenne à long terme (23 %; 1973-2025).

Depuis 2022, le graphique suggère une tendance à la baisse, malgré la montée du niveau de population de 2026. La baisse entre 2022 et 2025 est importante; elle représente une diminution de plus de 300 000 individus. La remontée en 2026 atténue cette baisse, mais représente tout de même une baisse de plus de 45 % par rapport à 2022.

La taille actuelle de la population la met très près de la limite inférieure de l’objectif de gestion.

Gestion des populations d’oies et de bernaches surabondantes

Saisons 2026-2027 et 2027-2028

Mesures spéciales printanières pour les Oies des neiges surabondantes au Québec

On propose de restreindre les dates d’ouverture de la saison de chasse et de réduire la limite de prise quotidienne pour les Oies des neiges pendant la saison des mesures spéciales printanières dans les districts de chasse A, C, D, E et F du Québec. Les dates d’ouverture de la saison de chasse des mesures spéciales seront réduites du 10 avril au 18 mai de l’année civile de la saison de chasse pour les districts de chasse C, D, E et F, mais resteront inchangées pour le district de chasse A. De plus, la limite de prise quotidienne passerait de 20 à 12 Oies des neiges dans tous les districts susmentionnés.

La chasse printanière continuerait d’être limitée aux zones agricoles seulement.

La chasse printanière continuerait d’être limitée aux zones agricoles seulement. Là où la restriction est présentement appliquée. Cette réduction découle du déclin observé de la population printanière au cours des dix dernières années. Tel que révélé lors des relevés printaniers, ainsi que de la baisse de la productivité, estimée à partir du nombre de juvéniles bagués sur les sites de reproduction. Cette réduction permettra également de limiter les perturbations aux oies lors de leur migration printanière. Contribuant ainsi à améliorer leur condition physique avant leur arrivée sur les lieux de reproduction. Les oiseaux en meilleure condition physique sont plus susceptibles de se reproduire. Ce qui devrait donc entraîner une augmentation de productivité et du nombre de jeunes. Ces changements seraient mis en œuvre pour la saison des mesures spéciales du printemps 2027.


Source : Rapport de synthèse écologique. Juin et juillet 2026, Service canadien de la faune (ECCC) et Centre d’études nordiques (Université Laval). Station de recherche de l’île Bylot, Nunavut.

Nous suivons de près ces données scientifiques année après année, car elles sont un excellent indicateur de ce qui nous attend sur le terrain à l’automne. Restez à l’affût de nos prochaines mises à jour.